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T’es un artiste, tu fous rien…

— JOURNAL DE BORD —
Entrée 11 par Stéphan

T'es un artiste, tu fous rien...

Bienvenue à vous sur cette nouvelle entrée de journal et merci pour votre présence. Nous allons parler ici d’un sujet délicat, surtout en ces temps difficiles ou encore une fois, les artistes (et j’englobe tout le monde artistique) sont légèrement oubliés par tout le monde…

Mais en fait tu fais quoi entre tes **** (<- Insérez ici votre prestation finale… ) ????

Ahhhh… Les préjugés… Ils viennent très souvent de l’ignorance, vous le saviez ? (ou de la jalousie… Ou de la peur… Oui bon…) Alors pour commencer, un gros disclamer : cette entrée de journal ne me sert pas à me plaindre ou encore à pointer du doigt les gens. Absolument pas. Au contraire, j’écris avec bienveillance et avec l’espoir que ma réflexion aidera d’autres artistes à continuer la leur ou que des gens qui les côtoient puissent peut-être mieux comprendre et donc mieux soutenir ceux-ci. Alors restons zen et parlons en toute sérénité. L’objectif est de mieux cerner et appréhender la situation, ça marche ? Allez go.

Si vous êtes Artistes donc, vous avez certainement entendu à un moment où un autre ce fameux sous-entendu dans une petite phrase non ? “Mais qu’est-ce que tu peux bien foutre de tes journées ? Ba ouais t’es un Artiste, tu fous pas grand chose en vrai…”. Je force un peu le trait, mais vous comprenez l’idée.

Si au contraire vous connaissez un artiste, vous vous êtes peut-être déjà fait cette réflexion à son sujet… Que pouvons-nous bien faire de nos journées… ?

Sachez qu’il y a un exemple parfait pour trouver un début de réponse : Usain Bolt ! Vous connaissez certainement cet athlète, actuellement le plus titré des championnats du monde d’athlétisme, connu comme “l’homme le plus rapide du monde” (du moins connu et en compétition) avec un chrono de 9”58 au 100 mètres.
Imaginez-vous : les gens achètent des tickets pour voir sa performance (et celles des autres athlètes), ils s’installent et enfin arrive son tour… À vos marques, prêts… BANG ! Moins de dix secondes après, c’est terminé ! Sa performance (nous pourrions parler de prestation pas vrai ?) a duré dix secondes ! Moins de dix secondes ! Seulement, personne ne vous dira : “Non mais attends c’est tout ? 10 secondes ? Mais il a fait quoi entre les deux compétitions le mec ?”.  Je prends cet exemple parce qu’il est facile à imager, mais c’est valable pour tous les sportifs: personne ne se demande ce qu’ils font entre deux performances, car c’est ancré dans leur tête et c’est logique : ils s’entraînent ! 

Facile non ? Dans nos têtes, nos habitudes, nos médias : les sportifs s’entraînent pour leurs compétitions. Du coup, personne ne se demande ce qu’ils font entre temps… Il est acquis que pour quelqu’un qui cultive son physique, l’entraînement musculaire est la base, sans ça, il ne pourrait rien faire. Et c’est vrai.

J’ai été bien lourd sur le concept mais maintenant que vous avez assimilé la chose voici la question : qu’est-ce que font les artistes entre deux “prestations” ? Oh oui vous savez que la réponse est la même, mais c’est plus difficile à reconnaître non ? Oui, il va falloir se rendre à l’évidence : entre deux prestations, comme les athlètes, un artiste s’entraîne !

Oui : les artistes, ça s'entraîne ! Y en a même qui courent !

Encore une fois, ne faisons pas de généralités. Chaque athlète, chaque artiste travaille différemment. Mais il y a bien un concept universel : celui du travail derrière les performances. Bien qu’en fonction du domaine de l’artiste cela soit différent, ce concept reste le même : pas de résultat sans effort.

Il est plus facile avec nos connaissances “universelles” de comprendre par exemple qu’un comédien ou un musicien s’entraîne : vous ne les voyez que sur scène, pourtant il est facile de comprendre que derrière leurs prestations il y a les répétitions, la mise en scène, les réglages, les balances, parfois l’écriture, les costumes etc… C’est plus facile à voir et c’est déjà plus commun. Pourtant, ce sont des artistes et malgré ça, il y a encore bien des choses qu’ils font derrière que vous ne “voyez pas” : promotion, gestion administrative, repos, vie personnelle… Pourvu que l’artiste n’aime pas communiquer sur sa vie privée, alors vous ne voyez que la pointe de l’iceberg.

En revanche, quand on parle d’Art au sens propre, c’est-à-dire de dessin, peinture, sculpture ou d’Art numérique, alors là ça commence à coincer un peu plus… C’est vrai quoi ! Lui il sait peindre ! Alors il fait des tableaux ! Mais il fait quoi entre deux tableaux ?! Eh bien il… Il ? Oui vous avez la réponse ^^.

Je vais parler ici de ma propre situation, car il n’y a que celle-ci que je connais réellement et donc, dont je peux parler. Bien que j’ai de nombreux amis et proches artistes, je ne connais pas exactement leurs routines, je ne parlerai donc pas pour eux. Mais comprenez que dans l’idée, c’est la même chose…

Ma situation est un peu spéciale, car je fais trois choses (ce n’est pas vrai, je vous renvoie au billet précédent, je ne fais pas trois choses, je ne présente que trois choses, on va dire ça plutôt) : les tableaux numériques, mes illustrations/dessins et mon livre… Chaque semaine, je publie entre une et deux choses… Ce n’est pas beaucoup. Mais alors nom d’Ashima, qu’est-ce que je peux bien glander entre deux publications ?!

Ici, je prendrais une réponse que j’ai donné il y a quelques années lorsque j’exposais à Art3F : un homme et sa femme sont venus me voir et ont regardé “Ayumi” alors en présentation. Ils regardent le tableau, me regardent, se regardent et l’homme me sort : “Ah ! C’est fait par ordinateur ça ?! Pf ! Lamentable, tout le monde peut le faire, c’est fait par ordinateur ! Ça se fait tout seul !”. Véridique, comme ça ! Ce à quoi j’ai répondu : “Eh bien si c’est si facile monsieur, faites-le…”. Vous devinez aisément qu’il a marmonné dans sa barbe et a continué sa route, certainement pour aller déranger d’autres artistes et leur exposer sa science… C’est dommage pour lui, il perd l’occasion d’avoir de belles discussions… Bref. L’écriture c’est pareil… “C’est facile d’écrire hein ! Tout le monde peut le faire”. Oui oui, allez-y… Pour le dessin c’est un peu plus dans nos mœurs, alors les gens ne font pas (ou moins) la réflexion, parce qu’ils s’y sont souvent déjà essayé et se sont rendus compte que ce n’était pas si simple que ça… On n’apprend pas à dessiner en une heure… Peindre (numériquement ou pas) ou écrire, c’est pareil… Surtout que pour l’art numérique, les logiciels et les possibilités évoluent, là où d’autres éléments disparaissent, il faut sans cesse s’adapter et donc apprendre et expérimenter. Et cela prend du temps. (Après on peut toujours faire pareil, c’est plus simple hein… Mais faut le vouloir…)

Si vous suivez mon travail, vous avez forcément remarqué une évolution. Que ce soit de la technique, de la mise en forme etc… Comme chaque artiste, mon travail évolue. Mais il évolue comment ? Vous vous en doutez, on ne se lève pas le matin en sachant par magie jouer de la guitare, peindre un tableau ou encore en connaissant par cœur une pièce de théâtre de 500 pages… Non. Il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer… Encore et encore, apprendre, toujours, se remettre en question, revenir sur ce qui a déjà été fait. Exactement comme un sportif : le cerveau a besoin de s’entraîner ! Et pour ça, il faut du temps, des efforts et des heures de “performances” que personne ne verra.

Alors oui, je ne sors personnellement pas beaucoup d’œuvres par semaine (ici encore, nous avons tous nos rythmes et nos exigences), mais est-ce vraiment parce que je ne glande rien ? Ah ah peut-être… xD. Ou est-ce parce que je ne cesse de chercher à aller plus loin, à découvrir des choses, à m’entraîner ?
Je passe des heures et des heures à écrire, à supprimer, à demander conseil. Des heures à dessiner, à regarder le dessin et à m’insulter parce que je trouve que ça ne vaut rien, avant de repartir sur une page blanche. Un musicien ? Imaginez le nombre d’heures derrière une chanson pour la maîtriser. Un comédien ? Combien de temps lui faut-il pour apprendre son texte ? Toujours la même chose, vous ne voyez que la partie visible de l’iceberg.

De mon côté (et comme beaucoup d’autres encore une fois), en plus de l’entraînement et donc, de l’apprentissage, viennent s’ajouter les “vraies” créations, les retouches, la gestion des réseaux sociaux et du site internet (pareil, ça ne se fait pas tout seul par magie), la communication, la promotion, la gestion administrative (assez costaud en France), des commissions de temps en temps que je ne peux montrer… Sans oublier que quand même, nous aimons de temps en temps prendre du temps pour nous… Nous n’avons pas de contrat avec nos heures de marquées mais croyez-moi, bien des Artistes font plus d’heures que vous… Sauf que vous ne le voyez pas, et quand on ne voit pas et ne connaît pas, il est légitime de se poser des questions. Et là, il y a ceux qui se renseignent, et ceux qui spéculent sans savoir.

Alors s’il vous plaît, arrêtons avec ces préjugés de “Tu es un Artiste, tu ne fais rien…” Voyez le travail derrière les prestations, acceptons que tout comme le corps, le cerveau a besoin de s’entraîner pour évoluer. Si Usain Bolt n’avait pas pris ce temps d’entraînement, s’il était resté sur son canapé à critiquer les autres en les regardant à la télé, serait-il vraiment là où il en est. Bien-sûr que non… Un comédien commence-t-il avec une pièce de 1000 pages ? Non. Un musicien commence-t-il avec un concert de 2h30 ? Non… Un artiste arrive-t-il à proposer ses œuvres sans apprendre à les faire ? Non.

Alors oui, comme partout il y a des “escrocs”… Prenons le terme “extrémiste” (il n’est pas du tout adapté ici, mais au moins l’image est claire). Il y a des artistes (dans tous les domaines), qui ne sont pas réglos. Dans l’Art Numérique par exemple, oui, certains artistes utilisent des logiciels qui font tout à leur place ! Ils entrent deux données et hop, tout est fait ! Ils produisent en masse et hop, ça inonde le marché. Oui, ça existe ! Dans l’écriture aussi, des gens qui vont plagier des textes étrangers non traduits et le retranscrivent uniquement dans leur langue en criant à l’original. Oui ça existe comme partout. Cependant, et c’est ici que le terme peut aider : ce sont des “extrémistes”. Comprenez ici que bien souvent, ce sont une minorité qui fait beaucoup de bruit et donc, qui aide à construire cette image erronée de nos métiers.

Si vous connaissez un artiste, qu’il s’agit de l’un de vos proches ou non et que vous aviez, plus ou moins intensément ces préjugés, essayez de les changer : discuter avec cet artiste, comprenez son travail, intéressez-vous-y et vous verrez que dans 95% des cas, le travail derrière les “10 secondes présentées” est bien plus important que vous ne le pensiez. C’est en apprenant à connaître les autres et leur travail, que nous arriverons à nous débarrasser des préjugés et à vivre plus en harmonie. Et c’est important ça ;). Et au pire, si vous découvrez qu’il fait partie des “escrocs”, là vous pourrez lui demander ce qu’il/elle fout ! xD

Voilà, merci d’avoir lu en entier cette entrée de journal, j’espère qu’elle vous aidera, et à très bientôt pour la prochaine ! Pensez à me rejoindre sur Instagram ! À très vite.

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